Votre événement d’entreprise à Barcelone


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La sainte trinité Mojito/Tapas/Gaudi devrait sortir bientôt des circuits touristiques de Barcelone. Fraîchement élue en mai dernier, Ada Colau, la nouvelle maire «Podemos» n’a en effet qu’un mot à la bouche: réviser le modèle touristique de la capitale catalane. L’ancienne activiste à l’image plutôt rock’n roll vient d’étrenner son mandat avec le lancement d’une série de mesures musclées parmi lesquelles la possible transformation d’appartements touristiques illégaux en logements sociaux… Un signe évident que la sangria est en train de tourner au vinaigre dans le paradis du tourisme de beuverie. Vous n’avez jamais eu l’occasion de déguster de la paella surgelée en formule «all-inclusive» ni de déambuler en tong et chapeau mexicain sur les Ramblas? Ne ratez pas l’ultime occasion de connaître ces pratiques qui seront bientôt aussi désuètes que la confection d’une mixtape pour la route des vacances… Quelques conseils à (ne pas) suivre pour vivre une incroyable, et sans doute ultime, expérience de junk-tourisme à Barcelone. Le tourisme de masse à la catalane est avant tout une affaire de mental. Partez dans le bon état d’esprit. Le touriste à Barcelone, ou «Guiri» comme l’ont baptisé les locaux, n’est pas là pour se cultiver, (pour cela il y a Paris), ni pour se confronter à d’autres cultures (pour cela il y a Tokyo) mais bien pour une seule chose: «pasarlo bien» à savoir «s’éclater» dans le jargon local. «Quelqu’un qui revient de Barcelone en disant qu’il ne s’est pas éclaté va probablement décevoir tous ses interlocuteurs. C’est une partie obligatoire de la visite. C’est aussi le cas avec la plupart des destinations touristiques, mais particulièrement avec Barcelone du fait de l’image festive qui lui est associée», analyse Andres Antebi, anthropologue catalan, spécialiste des usages festifs de la rue. En bref, gardez bien en tête qu’un «Guiri» qui ne s’éclate pas à Barcelone, c’est comme une Paella faite maison sur la Rambla. En réalité, ça n’existe pas. Un touriste qui ne s’éclate pas à Barcelone, c’est comme une Paella faite maison sur la Rambla: ça n’existe pas. Pour rester dans l’état d’esprit «Spring Break» qui convient à votre séjour, vous pourrez heureusement compter sur de nombreux alliés. L’alcool en est un. Chance pour vous, vous êtes dans l’une des villes du monde qui subit le plus les ravages du tourisme de beuverie. Une précision toutefois: si pour vous tourisme et plaisirs éthyliques riment avec séjour de découverte œnologique dans les meilleures caves des coteaux varois, vous faites fausse route. Faites honneur aux pionniers qui, les premiers, ont arpenté les rues barcelonaises coiffés de casques à bière, et choisissez avec pertinence vos élixirs. Délaissez de fait le Vermouth, alcool liquoreux en retour de hype auprès de la jeunesse catalane et qui, additionné de «sifon» (eau pétillante dans une bouteille de verre, devenue le véritable «must have» des hipster locaux) vous vaudra l’admiration immédiate des vieux tenanciers catalans. Préférez lui de fait une bonne sangria trop sucrée ou un mojito noyé sous les feuilles de menthe défraîchies. À consommer en terrasse sur la Rambla, le cocktail cubain pourra vous coûter la modique somme de 20 euros dans les bonnes adresses. Votre budget ne résiste pas à l’épreuve de l’artère la plus fréquentée de la ville? Pour 5 euros, vous pouvez toujours acheter un magnifique cocktail tout aussi vert fluo qu’illégal aux «Mojiteros», les vendeurs indiens et pakistanais qui patrouillent sur la plage. Une manière de joindre l’utile à l’agréable en vous prenant une bonne cuite à l’alcool bon marché tout en soutenant une initiative de commerce équitable locale qui n’entretient bien-sûr aucun rapport avec le crime organisé. Enfin, que serait un tour-operator 100% tourisme de masse sans une sortie en boîte «chupito offert-entrée gratuite pour les filles?» Ceux qui auraient connu la night Barcelonaise à la sauce junk-tourisme seront déçus d’apprendre que les discothèques du centre commercial Maremagnum, Temple Guiri par excellence, ont toutes fermé leurs portes en 2007 suite à une série d’incidents violents… Qu’à cela ne tienne, vous trouverez sur le front de mer toute une série d’établissements aux noms épurés contrastant allégrement avec leur niveau sonore. Sous un faux chic apparent vous aurez alors tout le loisir de vous mêler aux hordes de jeunes anglo-saxons cuits au soleil venus tester leurs 4 phrases d’approches apprises dans les tubes de Shakira. Une ambiance Houellebecquienne à souhait, qui synthétise pour beaucoup tout ce que Barcelone doit éliminer de son modèle touristique. Mais la ville a-t-elle une idée de ce qu’elle veut proposer en échange? «Si on parle de modèle touristique, nous nous mettrons tous d’accord sur le fait qu’il doit être durable, responsable et de qualité. Et au revoir merci beaucoup. Étiqueter un modèle touristique est très facile. Quand on regarde en détail les pratiques et actions concrètes, c’est déjà plus compliqué» confiait dernièrement Albert Arias, géographe et investigateur du phénomène AirBnB, dans le quotidien El Diario. D’un point de vue concret, à quoi pourrait ressembler le modèle touristique de demain à Barcelone? Andres Antebi en a lui, une vision assez claire: «Il faut développer un modèle qui récupère les aspects intéressants qu’offre le voyage, comme le fait de mettre en contact des gens de diverses origines, religions et cultures et surtout qui abandonne la logique du bénéfice maximum». Faire basculer dans la décroissance une industrie qui rapporte 14 % du PIB de la ville risque d’être un exercice périlleux. Ne jetez pas vos tongs et votre casque à Bière une fois rentrés, il se pourrait que vous ayez encore l’occasion de les porter sur les Ramblas…